|

Tirailleurs
malgaches
J'ai connu un soldat malgache dans les
circonstances suivantes : "Nous avions reçu, vers 1945-46,
un Malgache que ma soeur avait adopté comme filleul de
guerre, c'était alors la mode. Paul Ramalalo était
un grand paysan du sud qui avait dû être robuste.
Kidnappé par notre glorieuse armée afin de grossir
ses rangs, il vint bravement en France défendre la
Liberté et la Civilisation, fut fait prisonnier en 1940 et
passa avec ses compatriotes cinq années épouvantables
dans un stalag réservé aux troupes coloniales.
Obligés de les relâcher au moment
de leur débâcle, les Allemands alignèrent ces
sous-hommes et les mitraillèrent. Laissé pour mort,
Paul eut pourtant la vie sauve : deux balles lui avaient
traversé l'épaule.
Nous allions le dimanche, vers onze heures, le chercher à
l'hôpital Saint-Joseph ; il enveloppait avec une lenteur
infinie ses longues jambes dans les bandes molletières
réglementaires et venait passer l'après-midi chez
nous. Il nous parlait de ses buffles qu'il avait hâte de
revoir, et des redoutables «Zoulas» ou
«Djoulas» (Dioulas ?) les bandits cachés dans la
forêt.
Après son départ, nous avons perdu tout contact :
comme il n'avait pas répondu à une lettre, nos
parents demandèrent à un jeune couple de nos clients,
qui avaient des relations dans la Grande Île, de retrouver sa
trace ; après enquête, ils leur expliquèrent
qu'il était inutile de chercher à le joindre. En
fait, il arriva dans l'Île Rouge pendant la sanglante
répression coloniale qui fit 100.000 morts (on s'en prenait
tout particulièrement aux anciens soldats,
réputés dangereux) de mars 1947 à 1948."
(Extrait du site temoingaulois.fr)
Pensez-vous que je pourrais retrouver sa trace ?
Merci pour votre blog.
René Collinot
http://etudescoloniales.canalblog.com
|