La communauté malgache : le rythme dans la foi

- P. Edmond
Rakotondramanana, aumônier de la communauté malgache
de Paris, accueillie dans la chapelle St-Paul (14e). Photo
D.R.
P.N.-D. – A l’occasion des ordinations,
votre chorale a fait danser les fidèles dans le square Jean
XXIII. Certains ont alors découvert votre communauté.
Pourtant cela fait longtemps que les catholiques malgaches se
rassemblent à Paris, n’est-ce pas ?
P. Edmond Rakotondramanana – La
communauté des catholiques malgaches de Paris existe depuis
plus de cinquante ans. Nous avons environ 250 fidèles qui
viennent de toute l’Ile-de-France. Le noyau dur est
constitué de grandes familles, présentes depuis
plusieurs générations en France, mais la grande
majorité est constituée des jeunes qui font leurs
études à Paris et retournent à Madagascar
ensuite. Nous sommes donc une communauté jeune mais avec un
renouvellement constant.
P. N.-D. – Pourquoi est-ce important de vous
retrouver ensemble ?
P. Edmond Rakotondramanana - Nous sommes
d’abord liés par la langue : c’est ce qui
nous raccroche à Madagascar. Ces sonorités, qui nous
apportent un peu du pays ici, résonnent
particulièrement dans nos coeurs avec les chants et les
louanges durant la messe, le dimanche après-midi. Beaucoup
de fidèles me confient qu’ils ont du mal à
prier dans une paroisse française : ils trouvent cela
trop silencieux. Pour assurer la transmission de notre culture,
nous proposons des cours de malgache pour les plus jeunes ainsi que
des rencontres pour partager la sagesse et les danses du pays.
P. N.-D. – Comment la solidarité se traduit
elle avec les nouveaux arrivants, comme avec ceux qui sont
restés à Madagascar ?
P. Edmond Rakotondramanana - Quand une famille a
un nouveau-né ou un deuil, je vais toujours chez elle avec
une délégation de la paroisse, en groupe et non pas
seul. Nous vivons chacun de ces moments dans un esprit de
communion. Nous nous épaulons beaucoup sans oublier la
réalité de notre pays : en juin, la chorale a
chanté durant une soirée de prière pour la
situation politique chez nous. En ce moment, nous récoltons
des fonds pour aider les Malgaches du sud de l’île dont
les maisons ont été ravagées par un
cyclone.
P. N.-D. – Pour autant, vous vous sentez partie
prenante du diocèse ?
P. Edmond Rakotondramanana -
Entièrement ! Nous participons à tous les
événements. Je vais à la messe chrismale et
les ordinations mobilisent souvent un groupe important. La chorale
se propose pour animer des messes dans les différentes
paroisses du diocèse. Les jeunes vont volontiers au Frat, et
ils sont nombreux au pèlerinage des étudiants de
Chartres. Pendant l’année, ils se joignent une fois
par semaine aux jeunes de St-Pierre de Montrouge pour prier avec
eux. Nous leur disons souvent que nous ne devons pas rester
repliés sur notre communauté. •
Propos recueillis par Sophie Lebrun
http://www.catholique-paris.cef.fr
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