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pasitera
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Esprit de sacrifice ?
Merci pour votre dossier sur le malaise pastoral. Merci d'aborder
des questions que nos synodes peinent à faire
émerger. Merci à Mireille Grandval, de Paris, qui,
dans le courrier des lecteurs de Réforme du 27 novembre 2008
(n°3297) réagit si justement à la question taboue
de la rémunération des pasteurs.
[…] Je suis moi-même pasteur en poste avec deux
enfants et je perçois 914 euros mensuel desquels je dois
déduire chaque mois 540 euros de frais de garde pour relayer
l'école et le retour tardif du papa et de la maman pasteur
qui rentre tard pour se rendre 2 ou 3 fois par semaine à une
réunion le soir.
Mon époux travaille mais, pour me suivre, il a quitté
son travail et a subi un an de chômage. Son salaire n'est
pas mirobolant mais il couvre les frais de garde des enfants, les
activités extrascolaires, les frais de notre
véhicule, l'habillement des enfants et quelques charges
mais son contrat est précaire... Nous vivons au jour le
jour.
Comme votre lectrice le dit justement, nous faisons partie des
pasteurs dont la famille n'est pas aisée. Famille qui, tant
qu'elle l'a pu, nous a soutenus financièrement, ce qui
était pour elle une manière de soutenir notre
Église. Mais ne percevant maintenant qu'une petite
retraite, cela lui est devenu impossible.
Les vacances, les sorties, visiter les grands-parents
éloignés.... ou se payer un deuxième
véhicule, c'est impossible. Nous ne possédons pas
d'appartement ni de résidence familiale où nous
rendre.
J'aime mon ministère, et je rends grâce à
Dieu. J'essaye de le vivre pleinement et en confiance. Mais quel
témoignage vais-le laisser à nos enfants ? L'esprit
de sacrifice ? Une version contemporaine de la mère courage
?
Ce qui me fâche le plus, au-delà des
difficultés que nous rencontrons au quotidien, c'est
l'attitude « autiste » de notre Église face
à ces questions vitales. Je déplore aussi comme votre
lectrice les réactions, heureusement minoritaires, de
certains de nos ministres qui ont la chance d'être mieux
lotis mais entendent les interpellations de leurs collègues
avec une certaine condescendance.
C'est pourquoi je vous dis un grand merci, madame Grandval :
puisse notre Église tirer leçon de votre discernement
et de la bienveillance dont vous faite preuve à
l'égard des ministres de notre Église.
Nous sommes tous appelés à nous mettre au service du
Christ dans la joie, l'esprit libre et le cœur confiant.
Nous ne sommes pas appelés au sacrifice.
Corinne Danielian
http://www.reforme.net/dossiers.php?id=337
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