BetsakaB
Betsaka amintsika no mety tsy
mahafantatra ny Cimade. Fikambanana protestanta iray izay tena
manampy ary manotrona rehefa sarotra ny raharaha eo amin'ny tsy
fisian'ny taratasy. Manaraka hatrany am-ponja ity fikambanana ity.
Marihina fa maimaimpoana no anaovany ny asa fanompoany.
Hatramin'izay dia izy irery no mahazo alalana hanaraka ny olona
any amin'ny fonja kanefa tato ho ato dia tian'ny fanjakana
hesorina aminy izany. Izany no mahatonga ny FPF hiditra ao anaty
resaka.
D.A
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Alors que le Conseil d’État a
rejeté jeudi 26 février le
référé suspension déposé par dix
associations contre le décret d’août 2008
remettant en cause l’action de la Cimade dans les centres de
rétention, Claude Baty s’élève avec
force contre l’absence de dialogue
La Croix : le 22 août 2008, Brice Hortefeux, alors
ministre de l’immigration, de l’intégration, de
l’identité nationale et du développement
solidaire, imposait, par un décret et un appel
d’offres, une réforme de la défense des
étrangers placés en rétention administrative.
La Fédération
protestante est d’abord restée discrète.
Pourquoi aujourd’hui rompre le silence ?
Claude Baty : Nous suivons le dossier de
près depuis le début. Je rencontre
régulièrement Patrick Peugeot, président de la
Cimade, et Laurent Giovannoni,
secrétaire général. Au tout début, nous
avons pensé qu’il s’agissait d’une simple
procédure administrative. Puis nous avons compris que le
ministère avait en réalité
décidé d’écarter la Cimade de tous les
appels d’offres.
L’automne dernier, j’ai rencontré Brice
Hortefeux, qui a tenu un discours étrange. D’un
côté, il assurait n’avoir rien à
reprocher à la Cimade. De l’autre, il affirmait que,
selon des témoignages en sa possession, celle-ci
était dépassée par sa mission. Il était
clair dès lors que ce qu’il voulait remettre en cause,
c’était ce qu’il appelait « le monopole
» de la Cimade. C’était d’autant plus
étrange que la Cimade collaborait déjà avec le
Secours catholique.
Dès octobre, j’ai demandé à rencontrer
le président de la République, avec Jacques Maury,
ancien président de la FPF et président
d’honneur de la Cimade, et Jean-Arnold de Clermont,
président de la Conférence
des Églises européennes (KEK). Nous n’avons
jamais reçu de réponse. J’ai renouvelé
ma demande en novembre. J’ai reçu en retour une lettre
de Claude Guéant, secrétaire général de
l’Élysée, qui reprenait l’argumentaire de
Brice Hortefeux sans fixer aucun rendez-vous.
Le 12 janvier, lors de la présentation des vœux
à Nicolas Sarkozy, je l’ai interrogé sur ce
refus de nous rencontrer. Il m’a invité à
appeler dès le lendemain. Un rendez-vous a alors
été fixé au 19 février, qui a ensuite
été repoussé au 5 mars. C’est
désobligeant. Dois-je en conclure que pour ce gouvernement,
le protestantisme n’a pas son mot à dire ? Nous
voulions nous placer sur le registre du dialogue ; manifestement,
il nous est signifié qu’il n’y a rien à
négocier.
Qu’est-ce que le ministère reproche à la
Cimade ?
En décidant de lancer un appel d’offres
et de mettre en concurrence les associations pour
l’attribution des lots, le ministre veut en
réalité organiser l’émiettement de la
mission associative envers les étrangers placés en
rétention administrative.
Actuellement, la Cimade assure un véritable accompagnement
des personnes retenues et obtient parfois que certaines
d’entre elles soient relâchées par
l’administration. Je comprends que cela irrite le
gouvernement et suscite l’hostilité du ministre, qui
entend par son décret limiter le rôle des associations
à la seule information sur leurs droits.
De plus, en intervenant dans la totalité des centres de
rétention, la Cimade a un regard libre et indépendant
sur l’ensemble du dispositif d’enfermement et de
reconduite des étrangers. Là encore, je comprends que
cela puisse déranger, même si de mon point de vue, le
gouvernement a tout à gagner à laisser agir une
coordination nationale autonome. Elle seule peut assurer la
cohérence des interventions et rendre compte du
fonctionnement, ceci évitant les soupçons
éventuels concernant le non-respect des droits humains.
Je rappelle que le premier appel d’offres a été
annulé par le tribunal administratif de Paris le 30 octobre.
Dès cette annulation, la Cimade a proposé au
ministère la mise en œuvre d’une action
conjointe de plusieurs associations. Mais jamais le
ministère de l’immigration n’a voulu
s’engager dans la voie de la concertation. Quelques jours
avant son départ, Brice Hortefeux a publié un nouvel
appel d’offres dont le terme était fixé au 10
février, et qui reprend la même logique
d’éclatement de la mission associative, alors que
depuis six mois, la Cimade reçoit le soutien très
large d’associations, d’élus, de synodes.
Avez-vous rencontré le nouveau ministre, Éric
Besson ?
Non. Mais la Cimade l’a rencontré. Il
semble qu’il soit très hésitant.
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Recueilli par Martine
DE SAUTO
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