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«Nous sommes à la fois plus proches et plus
éloignés que nous le croyons. » C'est avec ce
constat en demi-teinte qu'Henri Blocher, ancien professeur
à la Faculté libre de théologie
évangélique de Vaux-sur-Seine, a ouvert jeudi dernier
le débat avec Mgr Gérard Daucourt,
évêque de Nanterre. Un échange cordial, et
même amical, qui les a réunis devant
130 participants à Montreuil (Seine-Saint-Denis),
à l'occasion des dix ans du groupe « Conversations
évangéliques-catholiques » (lire La Croix du
25 septembre).
Parmi les points de convergence cités par le
théologien évangélique, la confession de foi
commune, les positions éthiques, mais aussi « la
similitude des problèmes à gérer au jour le
jour ». Au rang des difficultés persistantes, Henri
Blocher a évoqué « les vieilles controverses
pas vraiment périmées » sur le rôle de la
Tradition, la médiation de l'Église et le «
culte marial », où les positions catholiques et
évangéliques demeurent « très peu
compatibles ».
En miroir de cette intervention, Mgr Daucourt a
évoqué la « perplexité »
catholique devant la diversité des communautés
évangéliques, « qui nous apparaissent
repliées sur elles-mêmes, avec le risque
d'apparaître comme des cocons ou comme des sectes ».
Sur ce point, l'évêque s'est voulu très clair
: « Les comportements sectaires, il y en a chez les
évangéliques, j'en vois, a-t-il
déclaré, mais il y en a aussi chez les catholiques !
» Parmi les divergences, il a rappelé les
difficultés des catholiques devant une lecture plus
fondamentaliste, individualiste et affective de la Bible, ainsi que
les questions soulevées par le prosélytisme
évangélique.
Qu'est-il raisonnable d'attendre d'un tel dialogue ? «
La guérison des malentendus, une possibilité de
coopération dans le travail de diffusion biblique », a
plaidé Henri Blocher, appelant également à une
« cobelligérance en matière éthique
». Parmi les apports du catholicisme, il a cité
notamment « le sens de l'Église au singulier »,
soulignant aussi la « prise de responsabilité des
catholiques à l'égard de la culture environnante
». Et de pointer la déficience des milieux
évangéliques dans le domaine de la vie des
idées et de la recherche artistique.
L'évêque de Nanterre a, quant à lui,
souhaité que les catholiques entendent certaines insistances
évangéliques : « La nécessité
d'une foi personnelle et vivante, l'urgence de
l'évangélisation, l'importance d'une action
sociale à tous les niveaux, l'attente du retour imminent du
Christ en personne. » « C'est vécu avec une
telle intensité de votre côté ! Vous pouvez
m'aider », a lancé Mgr Daucourt.
MAUROT Elodie
http://www.la-croix.com du 30 sept. 2008
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