Pour mes premiers pas dans
« l’œcuménisme
institutionnel », l’Eglise catholique m’a
offert un must : une visite papale. Largement de quoi
déconcerter le novice que je suis encore en la
matière. J’étais donc, es qualité (!),
présent aux vêpres à Notre-Dame, le lendemain
à la messe sur l’esplanade des Invalides et le
surlendemain à celle célébrée à
Lourdes. Gare à l’overdose !
Bon, finalement, je n’en suis pas
mort… J’ai même vécu quelques moments
intenses. Un superbe Motet de Bruckner magnifiquement
interprété lors des vêpres. Un temps de silence
profond à l’issue de l’homélie de
Benoît XVI aux Invalides, vrai instant de recueillement
profond et simple. Mais globalement, je dois bien l’avouer,
je n’ai guère été emballé. Par
nombre d’aspects, cette visite m’interroge et suscite
quelque réticence. Un protestant se sentirait-il donc
forcément étranger à ce genre de
manifestation ? L’attitude de ce pape toute empreinte de
réserve, de simplicité, voire même
d’humilité, ne serait pourtant a priori pas pour lui
déplaire. Sauf que Benoît XVI affectionne
décidément par trop un rituel d’un autre
temps…
Assurément, cette visite papale n’a
pas manqué d’allure et n’est pas passée
inaperçue, ce dont le catholicisme français ne pourra
que se féliciter, à juste titre.
N’empêche, difficile pour un protestant (même de
bonne volonté œcuménique) de se sentir vraiment
concerné par ce qu’il y a vu et entendu. Que retenir
au fond de ces quelques 80 heures ? La montagne aurait-elle
accouché d’une souris ? Ma déception est
à la mesure de l’attente
désespérée d’un geste ou d’une
parole d’encouragement pour l’œcuménisme.
Que je n’ai hélas pas perçu.
Etienne Vion
Responsable de l'oecuménisme
Féderation protestante de France
http://www.protestants.org