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QU’EST-CE QUE LA FPMA ATTEND du Groupe des Jeunes : SAMPANA TANORA KRISTIANA (STK)
C’est la question que vous les jeunes STK de la FPMA, ( disons plutôt, vos représentants, les responsables) m’avez posée (et à travers moi, aux membres du Conseil National de la FPMA) à l’issue de la dernière RNSTK. Je tiens d’abord à vous rassurer que cette question n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Personnellement, en tant qu’éducateur et Président de la FPMA, je vous dis que je mise beaucoup sur vous les jeunes, non pas seulement pour l’avenir de la FPMA, mais aussi et surtout pour notre cheminement ensemble afin de concrétiser l’orientation théologique que nous avons adoptée : « La FPMA, une communion en mission pour la guérison du monde et pour partager une vie en abondance ».
Je trouve un peu dommage que peu de jeunes participent aux moments de réflexions et partages dans le cadre de notre «Projet d’Église»(Soritrasam-piangonana- SAP-). Je mise cependant sur vous, parce que j’ai toujours clamé haut et fort que vous les jeunes (particulièrement, vous qui êtes nés en France) n’avez connu d’autre Église que la FPMA, et par conséquent vous êtes en fait les «authentiques produits» de la FPMA. En tant qu’éducateur, je comprends bien et je salue vos quêtes personnelles d’identité. Je vous suis sincèrement reconnaissant de l’effort que vous faites pour vous reconnaître pleinement «malgache» tout en ayant une culture européenne. Sachez que la langue est un aspect de la culture, l’essentiel est d’en avoir le cœur. J’ai beaucoup réfléchi sur la question que vous m’avez posée. Nous allons bâtir ensemble notre Église et vous êtes tenus à y apporter vos contributions. J’ai volontairement écrit en français tout en sachant que beaucoup d’entre vous sont en train d’apprendre le malgache. Je souhaite vivement que vous y parviendrez bientôt, mais je veux vous aider dans l’immédiat comme vous m’avez demandé.
Je suis maintenant en mesure de vous proposer quelques points qui vous serviront de repères. Je vous invite à faire de chaque point un sujet de débat et de réflexions entre vous. De nos jours, il n’est plus question de proposer des directives toutes faites. Plus chacun y réfléchit personnellement, mieux cela vaudra.
Avant de proposer les points de repères, je me permets d’abord de faire une remarque sur ce que nous entendons souvent de la bouche de certains de nos responsables. C’est une de ces grandes maladies de notre époque : le manque de temps. Nous reconnaissons tous qu’il nous arrive, même pendant les vacances ou nos temps de loisirs, à ne pas trouver le temps nécessaire pour faire ce que nous avons prévu. Le temps, au lieu d’être notre ami nous fait souvent obstacle. Il nous échappe, parce que nous n’arrivons pas à l’apprivoiser, en faire un ami, l’apprécier à juste titre. Cependant, le manque de temps nous oblige à nous efforcer de discerner quelle est la bonne chose à faire au bon moment. Dans la bible, nous lisons : « Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel… Quel profit à l’artisan du travail qu’il fait ? Je vois l’occupation que Dieu a donnée aux fils d’Adam pour qu’ils s’y occupent. Il fait toute chose belle en son temps ; à leur cœur il donne même le sens de la durée sans que l’homme puisse découvrir l’œuvre que fait Dieu depuis le début jusqu’à la fin.
Je sais qu’il n’y a rien de bon pour lui que de se réjouir et de se donner du bon temps durant sa vie.» Ecclésiaste 3, 1,9-12 .
Il est clair à partir de ce texte que pour chaque chose dans la vie il existe un moment, un temps nécessaire, et le texte nous invite à prendre le temps que Dieu nous donne.
Nous qui sommes chrétiens, n’oublions pas l’exemple de notre Seigneur Jésus-Christ qui n’avait jamais donné l’impression d’être en manque de temps, mais qui savait vivre intensément le moment présent en accomplissant à tout instant la volonté du Père, malgré son ministère très court. Je dis souvent pour rigoler, sans manquer toutefois d’inviter mes vis-à-vis à ne pas faire du manque de temps une excuse pour se dérober à la responsabilité, que l’endroit où nous pouvons rencontrer des personnes qui sont supposées avoir beaucoup de temps est au cimetière. En effet, là nous trouvons à chaque endroit cette inscription :« ici repose…».
Comment vous les jeunes parviendrez-vous à vous édifier et participer pleinement à la vie de notre Église ? J’emprunte à un collègue, ami de longue date mais décédé actuellement, les sept piliers suivants que nous avons auparavant discuté ensemble. Ce pasteur qui, comme moi, comptait beaucoup sur vous les jeunes pour dynamiser la paroisse chrétienne où vous êtes, affirmait souvent : « Le groupe de jeunes doit être pour les jeunes issus de familles chrétiennes, comme pour tous les autres, une porte d’entrée dans l’église, une étape dans la découverte de la vie de l’Église. »
1° Indispensable pour les jeunes de l’Église, le premier pilier est l’étude de la Bible et la prière.
Elle peut se faire sous différentes formes :
- partage biblique à partir d’un texte sur lequel tous ont préparé en avance et y ont réfléchi (nous avons le péricope du dimanche présenté en avance dans notre Diary FPMA : lecture du texte en français et en malgache qui vous permettra aussi d’apprendre et maîtriser la langue malgache et vous prépare à participer au culte le dimanche en lisant le texte à l’assemblée, la règle en usage avant tout est de pas rigoler entre vous malgré les accents) ;
- - étude approfondie d’un texte préparée par une ou deux personnes (vous pouvez faire appel à la contribution du pasteur ou d’un bibliste affirmé) ;
- - courte méditation biblique (cinq minutes au maximum) apportée au début de chaque réunion par un membre du groupe (c’est bien s’il le prépare lui-même sinon vous pouvez rapporter ce qui est déjà écrit dans ces ouvrages de méditations quotidiennes : «Parole pour tous»,«Bonne semence»,«Guide édité par la ligue pour la Lecture de la Bible», etc.) ;
- étude biblique à partir d’un questionnaire préparé à l’avance ;
- étude d’un thème proposé à l’avance.
- séance de prières spontanées ou sur un thème, etc.
- La lecture et la méditation de la Parole de Dieu précédées d’un moment de prière font partie de la «vie cultuelle» qui doit exister d’une manière ou d’une autre dans un groupe de jeunes chrétiens : chants (cantiques traditionnelles malgaches et gospels), partage d’expériences bonnes ou difficiles, prières en petits groupes ou en grand groupe (c’est une façon aussi d’apprendre à prier, afin que vous puissiez ne pas dire comme certains responsables dans l’église qu’ils ne savent pas prier).
2° Jésus a prié pour tous ses disciples dont nous-mêmes : « Je ne te demande pas de les ôter du monde, mais de les garder du Mauvais. Ils ne sont pas du monde comme je ne suis pas du monde. Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde je les
- envoie dans le monde. » Jean 17, 15-18
- Un groupe de jeunes doit connaître et réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons, et par conséquent de s’informer sur un maximum de choses. Le deuxième pilier est donc l’information, la réflexion. Il y a beaucoup de sujets qui méritent d’être réfléchis, quelques exemples peuvent être cités : Le problème de l’environnement, la sexualité, les progrès de la science tels le clonage, les plantes génétiquement modifiées, l’armée, la non-violence, être chrétien dans son lycée, la montée de l’intégrisme, les dangers des sectes, le chrétien et la politique, le débat sur la création/évolution, etc.
- Des orateurs (beaucoup peuvent être trouvés dans nos églises !) peuvent nous aider à apporter des éclairages. De nombreux films en Dvd traitent de sujets intéressants qui peuvent être suivis d’un débat.
3° Le troisième pilier pour un groupe de jeunes chrétiens est l’évangélisation. Une Église qui n’évangélise pas est condamnée à mourir. e groupe de jeunes (qui est une partie intégrante de l’Église) doit évangéliser par toutes sortes de moyens dans le cadre de l’Église. Il faut noter qu’aucun groupe n’a tous les moyens et tous les dons. Quelques moyens d’évangéliser peuvent être proposés à titre d’exemples : contacts personnels (dans le quartier, la rue, le lycée, l’université… communément appelé «opération André», de l’exemple de l’apôtre André qui a amené de cette façon des proches et des amis à Jésus[2], visite de lieux et camp d’évangélisation, musique et concerts, films, vidéos, montages audio-visuels, débats sur des problèmes contemporains à la lumière de la Bible, mimes, théâtre, etc. Vous en profiterez pour créer de groupe de jeunes dans les paroisses qui n’en ont pas encore, sinon apporter aussi votre témoignage dans les églises sœurs (ERF,EELF,etc.)
4° Le quatrième pilier qui peut être aussi le prolongement du troisième pilier est les relations avec les autres groupes de jeunes chrétiens, que ce soient d’autres STK d’une paroisse de la région ou d’ailleurs, ou de groupe de jeunes d’autres Églises de la même ville, ou de groupes de jeunes des Églises membres de la Fédération Protestante Française situées dans la région. De multiples possibilités d’activités s’offrent à nous (pendant un week-end, une demi-journée, une soirée) : sport, détente, réflexion sur un thème biblique, animation d’un culte, « retraite »… Sachez que nous prônons toujours une ouverture dans la FPMA afin que nous vivions réellement notre objectif d’être «une communion en mission pour la guérison du monde et partager une vie en abondance».
5° Le cinquième pilier est la détente. Il faut se méfier de certaines personnes qui se disent chrétiens et qui prétendent que le fait d’être chrétien nous oblige à nous abstenir de toutes manifestations de
détente qui «appartiennent à ce monde»(fialam-boly fanaon’izao tontolo izao). Ce ne sont pas des vrais chrétiens qui s’érigent des règles incompatibles avec ce que nous enseigne la Parole de Dieu. Il faut, certes, se garder d’abuser et d’aller vers certaines dérives, mais reconnaissons que la détente est bien trop souvent négligée dans beaucoup de groupes. De bons moments passés ensemble et en toute sincérité lient profondément les membres d’un groupe entre eux : chanter ensemble (pas forcément toujours des cantiques, sans aller toutefois à interpréter des tubes dont les paroles ne sont pas dignes des chrétiens), danser ensemble (pas nécessairement organiser un bal ou une séance de hip hop), excursion, sorties de ski, visite de site historique, travaux dans l’église (ou dans une œuvre chrétienne), entretien de locaux, etc.
Professeur Docteur Jean A. RAVALITERA
Président Synodal, Président de la FPMA
(Les titres, sachez bien que j’en attache pas beaucoup d’importance, mais comme récemment je viens d’être honoré, pour une fois alors, allons !)
(à suivre)
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