Le scoutisme, cent ans
et toujours prêt !
En 2007, le mouvement scout fête le
centenaire du premier camp organisé par Baden-Powell. Pour
l'occasion, les associations françaises avancent unies pour
souligner l'actualité de la méthode scoute
Ce sera sans doute une des images fortes de
l’été prochain : des millions de scouts et
d’anciens scouts à travers le monde, invités
à venir renouveler leur promesse le 1er août au lever
du soleil. Rien qu’en France, il devrait se trouver 6 000
à 7 000 lieux surélevés où les scouts
de tous les mouvements seront invités à
commémorer ainsi le premier camp lancé par
Baden-Powell, le 1er août 1907 sur l’île de
Brownsea, dans le sud de l’Angleterre.
Une île aujourd’hui trop petite pour accueillir le
jamboree au cours duquel l’Organisation mondiale du mouvement
scout (OMMS) attend 40 000 jeunes de 150 pays. Il aura donc lieu
près de Londres, du 27 juillet au 8 août.
« Ce renouvellement de promesse ne sera pas une
auto-congratulation entre scouts », prévient Guillaume
Légaut, président des Scouts et Guides de France, la
plus importante organisation scoute en France. « Cette
promesse est d’abord celle d’un monde meilleur :
c’est un engagement dans la société pour
essayer de la faire changer », ajoute-t-il, voyant aussi dans
ce geste, qui rassemblera scouts et anciens scouts, « un
moyen de se relier aux 500 millions de personnes qui ont
été scouts ou guides ».
« C’est une occasion de montrer aux jeunes
l’importance de la transmission, continue
Marie-Hélène Morel, commissaire
générale des Guides et Scouts d’Europe. Chacun
pourra voir qu’il est scout grâce à cette
chaîne entre les différentes générations
de scouts. »
Les 9 associations préparent ensemble l'anniversaire

Membres de la Fédération du
scoutisme français, mais aussi Scouts d’Europe, Scouts
unitaires, Éclaireurs neutres… Fait unique dans
l’histoire du scoutisme français, les neuf
associations agréées par le ministère en
charge de la jeunesse préparent ensemble cet anniversaire.
« Nous avons été très sensibles à
l’invitation des Scouts et Guides de France », confie
Marie-Hélène Morel.
Certains mouvements, comme la Fédération des
éclaireuses et éclaireurs, iront à Londres se
joindre au jamboree de l’OMMS. « Même si nos
histoires sont différentes, il était important de
nous rassembler pour ce centenaire », résume Guillaume
Légaut.
« Au-delà de nos particularités, ce centenaire
est une occasion unique de montrer ce qui nous est commun dans la
mise en œuvre de la méthode scoute », se
réjouit Thierry Berlizot, président des Scouts
unitaires de France, qui souhaite qu’à cette occasion,
le scoutisme fasse la démonstration de son actualité.
« Nous pensons que la société a besoin du
scoutisme et que la méthode scoute peut apporter quelque
chose à la société, explique-t-il. Nous
répondons à un souci d’éducation des
parents et c’est un devoir pour nous de leur proposer la
méthode scoute : à eux de choisir l’association
qu’ils préfèrent, en fonction de ce
qu’ils pensent être le mieux pour leurs enfants.
»
"Il n’y aucun mouvement paramilitaire parmi nous"

Juste avant les vacances scolaires, le 1er
juillet, les différentes associations scoutes auront donc
l’occasion de montrer leurs « 1 000 visages » au
cours d’une grande fête du scoutisme organisée
dans 12 villes de France. À Paris, sur le Champ de Mars, 30
000 personnes sont ainsi attendues. « L’objectif est de
montrer le scoutisme tel qu’il est, et non tel que les gens
le croient être », résume Guillaume
Légaut. « Soyons clairs : il n’y aucun mouvement
paramilitaire parmi nous ! », précise Franck Chekroun,
président des Éclaireurs et éclaireuses
israélites de France qui préparent, au nom du
scoutisme français, un colloque le 22 mars au Conseil
économique et social.
Sur le thème « Apprendre à vivre ensemble
», il viendra souligner combien les mouvements scouts, dans
leur diversité culturelle, spirituelle et religieuse, sont
acteurs de démocratie et de cohésion sociale. «
Dans la société française où les
courants de repli sont forts, nous voulons affirmer que les
mouvements de scoutisme sont engagés dans une
laïcité ouverte et respectueuse de pluralisme »,
ajoute Guillaume Légaut.
Toutes les obédiences participent donc à ce
centenaire, et même si certaines ont choisi de ne pas
être représentées à toutes les
manifestations, un véritable esprit d’unité
règne aujourd’hui entre des mouvements dont certains
s’opposaient fortement hier. De là à imaginer
que tous parviendront bientôt à une véritable
unité, il y a un pas que personne ne veut encore franchir.
« On ne sait pas où cela nous mènera. Ce qui
est sûr, c’est qu’après ne sera pas comme
avant », estime Thierry Berlizot. « Mais on va saisir
l’occasion de ce centenaire pour dialoguer entre nous
», renchérit Rémi Goguel, secrétaire
général des Éclaireurs et éclaireuses
unionistes de France.
« Quelles en seront les conséquences ? Difficile
à dire, conclut Claude Moraël,
délégué général des Scouts et
Guides de France. Personne n’a élaboré de
stratégie pour arriver à quelque chose de
précis, sinon établir une forme de dialogue en
montrant ce que nous avons de commun, mais aussi nos
différences de méthodes. »
Nicolas SENEZE